Dernier coup de coeur série, Bored to Death.
Jonathan, écrivain raté accro à l'alcool et à l'herbe, se fait larguer par sa petite amie, et décide de se lancer comme détective privé en mettant une petite annonce sur un site Internet. Mais ses clients sont tous aussi déjantés que lui...
Avec une réalisation plus proche du ciné indépendant américain que d'un format TV, la série est à l'image de son acteur principal, Jason Schwartzman. Classe, drôle et un brin absurde. La BO est soignée et l'humour efficace.
Si vous vous ennuyez devant votre petit écran, rendez-vous sur le net, Bored to Death n'étant pas encore programmé sur une chaine française...
dimanche 31 janvier 2010
samedi 30 janvier 2010
CLERMONT FAIT SON FESTIVAL

Le 32éme Festival International du Court Métrage de Clermont Ferrand a débuté vendredi dernier. Munie de mon pass et du programme, je m'en vais donc occuper les salles obscures entre deux cours.
Comme d'habitude, on retrouve les différentes catégories (National, International, Labo, etc), avec en prime cette année un focus "morts vivants" et une rétrospective des courts grecs.
Pour ma part, le festival commence demain soir, avec le DB2. J'ai hate.
Pour le programme et d'autres infos, c'est par ici : http://www.clermont-filmfest.com
SFAR ET GAINSBOURG, HEROIQUES

Le pari de Joann Sfar est franchement osé. Dessinateur de BD, il choisi pour sa première expérience au cinéma de réaliser un biopic. Et pas n'importe lequel : celui de Serge Gainsbourg, icône provoc' et poétique de la chanson française. Sfar s'attaque donc à un monument, et prend le risque de s'attirer les foudres de la France entière. Ajoutons à cela la multitude de films qui s'emparent, avec plus ou moins de réussite, des icônes populaires, et Gainsbourg – vie héroïque semblait déjà mort et enterré.
Mais voilà, Sfar n'est pas un cinéaste comme les autres, et sa vision de Gainsbourg dépasse largement le point de vue strictement biographique. Ceux qui, en regardant la bande d'annonce, s'attendaient à une représentation rigoureuse et sans saveur de la vie de l'Homme à tête de choux ont de quoi être déçus. Le réalisateur a en effet rigoureusement préservé tout l'intérêt de son film, ne dévoilant dans les différents teasers au fil des mois que les images que voulaient voir les spectateurs. Même si l'on retrouve les incontournables anecdotes qui ont forgé le mythe Gainsbourg, elles sont traitées avec une certaine distance qui leur donne une nouvelle dimension.
Le choix de désigner Gainsbourg – vie héroïque sous l'appellation de «conte» est peut-être le seul indice laissé par Sfar à propos de son parti-prix de mise en scène. Il intègre à l'univers déjà bien rempli de l'auteur-compositeur-interprète français un peu de son univers graphique, donnant au film un surréalisme et une poésie surprenante, sans être omniprésente, peut-être même un peu trop laissée de côté au fur et à mesure. Cette esthétique si personnelle est une véritable réussite, et sûrement ce qui manque aux autres biopics sortis ces derniers mois sur nos écrans.
Les personnages incontournables de la vie de Gainsbourg sont bien entendu intégrés à l'histoire, de façon plus ou moins exploitée (France Galle et Juliette Gréco ne sont là que pour le clin d'oeil), et parfois avec un certain manque de finesse (Casta prenant le parlé «haché» de Bardot, un peu trop...). Mais Sfar semble avoir prit un plaisir fou à chercher les perles rares pour incarner ces icônes et les acteurs ne disparaissent pas totalement sous ces personnalités connues de tous, Lucy Gordon en tête. Quant à Eric Elmosnino, s'attaquer à l'immense Gainsbarre ne devait pas être chose facile, et il s'en tire avec brio, captant mimiques et postures sans tirer vers la caricature.
Sfar évite donc les erreurs de ses confrères, ne cherchant pas à donner au public ce qu'il attend, et réinventant le mythe Gainsbourg sans le dénaturer. Malgré un rythme qui a tendance à perdre de son dynamisme en cours de route, ce film est une réussite.
PIXAR, TOUT "LA HAUT"

"Là-haut" a été le premier film d'animation à faire l'ouverture du Festival de Cannes, et a enchanté la croisette. Il sort ce mois-ci en DVD.
Chaque nouveau projet des studios Pixar est un véritable événement, autant pour le public que pour la critique. En effet, ils reignent sur le monde du film d'animation comme valeur sûre d'origanlité et de qualité, face aux trop pâles dernières productions de Disney et à Dreamworks qui tourne franchement en rond avec la franchise Shrek. Ultime affirmation en dâte de la suppériorité de Pixar, le choix d'ouvrir le prestigieux et exigeant Festival de Cannes par "Là-Haut", petit dernier des réalisateurs Pete Docter et Bob Peterson. Après un passage en salle remarqué et remarquable (qui lui vaut une nomination pour le Golden Globe du meilleur film d'animation cette année), le film débarque en DVD, donnant l'occasion à ceux qui l'auraient manqué en salle de voyager depuis leur salon.
"Là-Haut" s'ouvre sur une sorte de prologue (qui fait évidemment penser aux courts métrages des studios, devenus aujourd'hui cultes), révélant l'enfance et la jeunesse de Carl Fredricksen, vieil homme bougon et n'aspirant qu'à quitter la ville pour réaliser le rêve de sa femme décédée. A première vue, le film ne semble pas vraiment destiné au public habituel des «dessins animés». Il faut attendre le départ de Carl dans son ultime aventure pour retrouver un ton plus léger, s'adressant autant aux petits qu'aux plus grands. L'histoire est donc à la fois touchante et efficace, toujours empreinte d'une poésie et d'une originalité bluffantes pour une production d'une telle ampleur. Chez Pixar, grand public ne signifie donc pas forcément asseptisation.
Les images sont superbes, la réalisation étonne par son audace. On se laisse embarquer dans un scénario bien conçu et très fourni, peuplé de personnages attachants et réellement détachés des clichés du genre. On se demande même où Docter et Peterson pyuisent leur intarissable imagination, très éloignée du manichéisme du monde de Mickey. L'humour est certes parfois facile, mais on rit de bon coeur aux péripéties des deux héros, délicieusement décalés.
Pixar marque donc un point supplémentaire avec ce dernier film, à la fois poétique et drôle, bien loin des sentiers battus et rebattus des autres productions d'animation.
CAMERON ET SON AVATAR

Le nouveau film de James Cameron était le plus attendu de cette fin d'année. Prometant une révolution visuelle époustouflante, le réalisateur de Titanic a t-il tenu ses engagements ?
Jake Sully, ex-marine cloué à son fauteuil roulant, est envoyé sur la planête Pandora suite au décés de son frère jumeau. Ce dernier, as de la physique, travaillait sur le programme «Avatar», sorte d'hybrides télécommandés mélant l'ADN d'humains et celui de la population locale, les Na'vi. A travers son avatar, Jack découvre une planête étrange, convoitée pour un nouveau minerai très recherché... En lisant le résumé du nouveau Cameron, Titanic semble très loin derrière nous.
Une planète aux graphismes très jeu vidéo, des plans rendant plus ou moins consciemment hommage à «Star Wars», certains détails semblant tout droit sortir de la trilogie «Matrix», et bien entendu la présence de l'icône Sigourney Weaver, les références science-fiction sont parfaitement perceptibles. L'univers est travaillé, fourni, et largement déclinable sur de nombreux supports parallèles. Les effets spéciaux sont époustouflants, à la fois fantastiques et très vraissemblants, et «Avatar» est indégnablement un film à voir au cinéma (le film étant, dans certaines salles, projeté en 3D). Cameron est donc assuré de toucher un public jeune ou moins jeune, amateurs de jeux de rôles en tout genre et de grand spectacle en salle.
Malheureusement, si l'image est surprenante, la trame narrative l'est beaucoup moins. Le film joue sur (l'inépuissable ?) opposition entre technologie et nature, millitaires sans morale et guerriers courageux, méchants assoiffés d'argent et gentils indigènes désinteressés. Chacun des axes de l'histoire sont prévisibles, car éternellement réutilisés dans la plupart des scénarios d'Hollywood. Mais ce manque d'originalité semble surtout destiné à donner un point d'appui rationnel et inébranlable au spectateur, au cas où il se perdrait dans la jungle visuelle de Pandora.
«Avatar» n'en reste pas moins un film efficace, contenant tous les ingrédients pour ne pas déplaire à unlarge public, de l'histoire d'amour (presque) impossible au héros choisissant le bon camp au bon moment, en passant par une dimension spirituelle presque chamanique et des scènes d'actions bien menées.
LE (NOUVEAU) MONDE DE TERRENCE MALICKPartager

En un peu plus de trente ans, Terrence Malick nous a livré seulement quatre films, mais tous d'une maîtrise quasi-parfaite. Son dernier en date, "Le Nouveau Monde", retrace la très revue et corrigée histoire de Pocahontas.
On le savait déjà, Malick est autant philosophe que réalisateur. En choisissant de mettre en scène la véritable vie de Rebecca Rolfe (princesse amérindienne s'étant mariée à un anglais dans les années 1610) le réalisateur de La Ligne Rouge trouve une nouvelle fois l'opportunité de développer son sujet favoris : celui de la confrontation entre des hommes ambitieux et une Nature paisible. L'histoire de l'arrivée des colons dans le Nouveau Monde est celle de la civilisation face à la simplicité d'une vie presque sauvage, et l'intégralité du film est construite sur la dualité entre ces cultures.
On retrouve bien entendu les aspects récurents des films de Malick : voix off aux réflections métaphysiques, longs plans sur une Nature toujours en mouvement, décalage entre fantasme et réalité des personnages. La part faite à la musique est toujours aussi importante, celle-ci apparaissant parfois si justement qu'on en oublierait presque qu'elle n'est qu'artifice. Le réalisateur a d'ailleurs donné une place très importante au son, avec parfois un travail de reconstitution frolant le perfectionnisme (certains chants d'oiseaux de l'époque ont été recréé de toute pièce).
Quant à la réalisation, elle est comme toujours très maitrisée. Chaque plan, chaque mouvement de caméra porte un élément de sens, qui, imbriqués les uns aux autres, forment le propos général du film : la pureté et la fluidité des images du Nouveau Monde s'opposent aux cadres symétriques et aux couleurs charboneuses de l'Angleterre. Les relations entre les personnages sont sublimées par la caméra et les voix off, réflexions à la fois personnelles et universelles sur l'amour ou la recherche de soi. Si le mariage de Rebecca (la sublime Q'orianka Kilcher) et John Rolfe (Christian Bale) semble rapidement traité, l'histoire très souvent romancés de John Smith (Colin Farrell, d'une justesse remarquable) et la jeune amérindienne est racontée pudiquement, sans trop en faire.
Souvent désigné comme l'un des meilleurs réalisateurs de sa génération, Terrence Malick a donc fait de son dernier une fable humaniste, d'une beauté époustouflante. En espérant que l'attente jusqu'à son prochain chef d'oeuvre sera moins longue que d'habitude.
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